10 PARISIAN VIEWS TO BE TESTED POST-CONFINEMENT

Comment les restaurateurs envisagent-ils la ré ouverture de leurs restaurants parisiens ?
Confinés comme près d’un quart de la planète, les restaurateurs parisiens ont dû fermer boutique et tirer un trait sur leur activité le temps du confinement imposé par le gouvernement. Dans les prochaines semaines, une date de réouverture sera dévoilée par l’État, ce qui permettra aux restaurateurs de remettre le couvert. Mais pas comme avant. Un mot d’ordre sera dorénavant au menu : précaution.
Les tablées de 15 personnes, les accolades, et la proximité ne seront pas à la carte tout de suite. Les restaurateurs vont devoir redoubler de créativité pour accueillir dignement leurs clients, tout en respectant à la lettre les mesures sanitaires de base.

En cette veille de ré ouverture, Spotlit a interrogé 3 restaurateurs parisiens pour savoir comment ils envisagent ce nouveau chapitre !
Vincent de chez MUGIZ
Direction le marais où se niche depuis peu MUGIZ, une sandwicherie créative pour les fans de pop culture.
Vincent le gérant de ce nouvel établissement n’a pas eu de bol quant à la date d’ouverture… Inauguré en fin d’année 2019, Mugiz a dû affronter les grèves des transports et les multiples manifestations de la capitale, avant de se soumettre au confinement obligatoire, déplore Vincent.
Comment envisagez-vous la réouverture ?
Dans une ambiance cool. Hors de question que les équipes véhiculent du stress. On sera masqué et équipé en gel hydroalcoolique. Notre mot d’ordre ? Cool !
Avez-vous concoté une recette spéciale « déconfinement » ?
Bien évidemment. Les parisiens ne pourront certainement pas s’envoler à l’étranger librement avant un bon bout de temps. On a imaginé une recette « sicilienne », un sandwhich falafel pour une escapade à Tel Aviv ou Beyrouth en un croc, et un guacamole meilleur qu’à Tulum !

Jeanne de Maison Sauvage et de Café Bohème
La Maison Sauvage, c’est sans doute l’adresse la plus « instagrammable » de St Germain-des-près. Sa devanture fleurie, et ses açaï bowls colorés attirent les épicuriens raffinés de tout Paris !
Café Bohème est la petite soeur de Maison Sauvage, située métro Edgar Quinet, à quelques pas de la Tour Montparnasse. Jeanne, qui gèrent l’entreprise familiale a répondu à nos questions :
Qu’en pensez-vous ouvrir ?
On n’a pas encore de date d’ouverture mais on envisage autour du 15 juin.
Comment gérez-vous en amont la ré ouverture ?
On est entrain de tout mettre en place : gels hydroalcooliques, paiements sans contact, gants, masques. On a déjà tout commandé. Pour ce qui est des menus, on envisage de les rendre disponibles sur notre site internet ainsi que sur nos réseaux sociaux pour qu’aucun client n’ait à toucher du papier. Mais pour l’instant on n’a pas plus d’informations. Si on se réfère à ce qu’il se passe dans les autres pays on suppose qu’il faudra installer les clients à des tables éloignées les unes des autres.
Comment envisagez-vous ce nouveau chapitre ?
Je pense que ça va être compliqué parce que les gens vont avoir peur de la deuxième vague. Les conséquences ne sont pas seulement le lot de ces 3 derniers mois, elles se calculeront sur tout le reste de cette année. Si on perd 50% de nos places assises nous devront nous tourner vers la livraison et donc perdre 30% de nos recettes (ce qui représente notre marge).

Alexandre de la Casa Murât et de la Crêperie Murât
Direction le 16ème arrondissement où se trouvent sur le même trottoir 3 établissements gérés par Alexandre Gazerian, le Bouchon, la Casa Murat, et la Crêperie Murat (qui venait d’être inaugurée la veille du confinement).
Alexandre a accepté de répondre à nos questions sur la réouverture de ses établissements.
Quand penses-tu ouvrir ton restaurant ?
J’ai en tête la date du 15 juin, mais cela dépendra de l’État.
Le 8 avril dernier j’ai pris la décision d’ouvrir la pizzeria (Casa Murat) uniquement pour faire de la vente à emporter (pizzas et tiramisu). Cela ne nécessite que la présence d’un salarié et de moi-même. Personne ne rentre à l’intérieur. Cela permet de rembourser un peu l’investissement de la réouverture (post travaux), et des loyers. Il faut emmagasiner de la trésorerie, parce que la réouverture, ça ne va pas être l’eldorado !
Comment envisages-tu la réouverture ?
Il va falloir s’organiser car comme on l’entend dans la fratrie des restaurateurs, il faudra respecter 1 mètre de distance entre chaque table, et on ne pourra certainement pas accueillir des groupes de plus de 4 personnes. Pour la Casa Murat et la crêperie qui ont 40 couverts, en respectant les règles sanitaires, on divise le nombre de couverts par deux. Bien sûr les gestes barrières seront obligatoires. Je pense aussi que les toilettes seront condamnées. Pour la vaisselle : j’attend de voir si l’État impose des directives spéciales. Sinon le moral est bon, la pseudo reprise est déjà actuelle, on garde la pêche !